MUHAMMED SAWS

MUHAMMED SAWS, Dieu le bAi??nisse et le sauve !

On comprendra que dans un traitAi?? de thAi??ologie de lai??i??Islam, la vie de son ProphA?te soit Ai??tudiAi??e avec plus de dAi??tails que les ProphA?tes dont se rAi??clament les autres religions.

On comprendra aussi que sa noble figure nimbAi??e de lumiA?re, sa haute silhouette dai??i??apA?tre de lai??i??humanitAi?? tout entiA?re, dans le temps et lai??i??espace, la place privilAi??giAi??e quai??i??il occupe ai??i?? Dieu le bAi??nisse et le sauve -dans le cAi??ur des hommes et des femmes, des vieux et des jeunes, des riches et des pauvres de sa communautAi?? (ai??i??uninia), quelle que soit leur race, en quelque lieu de la terre oA? ils vivent, ne peuvent A?tre mises en relief quai??i??en fonction du milieu gAi??ographique, historique et culturel oA? il naquit.

Nous aurons donc, Ai?? examiner, dans ce qui va suivre ai??i?? ai??i??in shA?ai??i??a Allah ai??i?? le milieu qui le vAi??t naAi??tre et oA? il eut Ai?? accomplir sa mission. Pour complAi??ter autant que possible le sommaire biographique que nous lui consacrons, il nous paraAi??t utile de faire Ai??tat des tAi??moignages portAi??s sur lui par quelques grands penseurs europAi??ens.

1. Le milieu qui le vit naAi??tre

Le ProphA?te de lai??i??IslA?m ai??i?? Dieu le bAi??nisse et le sauve ai??i?? est nAi?? dans le dernier tiers du VIe siA?cle aprA?s J.-C., Ai?? La Mekke , en Arabie. Lai??i??aire gAi??ographique oA? il dut lutter pour le triomphe du Message (Coran) dont il Ai??tait chargAi?? et le moment historique au cours duquel il proclama lai??i??IslA?m ne pouvaient, de toute Ai??vidence, manquer dai??i??avoir des incidences notables sur sa vie et son apostolat. AssurAi??ment le choix divin dont il fut lai??i??objet est sans rapport avec le milieu naturel et humain qui fut le sien. Cependant le Coran et la Tradition relatent des faits aussi nombreux que complexes qui ne peuvent A?tre compris quai??i??Ai?? la lumiA?re dai??i??une connaissance sAi??rieuse du passAi?? de cette partie du monde, des facteurs ethniques, moraux, sociaux, religieux, culturels et des antAi??cAi??dents sociologiques qui pesA?rent sur sa destinAi??e. Aussi importe-t-il de jeter un coup dai??i??Ai??il rapide, sur la gAi??ographie et lai??i??histoire de lai??i??Arabie prAi??-islamique pour mieux connaAi??tre et juger Ai?? bon escient les efforts que le ProphA?te dut dAi??ployer et les rAi??sultats auxquels, Dieu aidant, il finit par parvenir, dans lai??i??accomplissement de sa haute mission.

PassAi?? obscur, en vAi??ritAi??, qui dAi??route, dA?s lai??i??abord, le chercheur par sa complexitAi?? et lai??i??indigence des travaux qui lui ont Ai??tAi?? consacrAi??s. Les donnAi??es de la tradition orale, les tAi??moignages que la langue et la littAi??rature anciennes fournissent, les rAi??sultats des fouilles archAi??ologiques entreprises relativement depuis peu dans le Sud de lai??i??Arabie, de part et dai??i??autre de la vallAi??e du Tigre et de celle de lai??i??Euphrate, et enfin en Syrie Palestine, ne sont ni assez nombreux, ni cohAi??rents, ni parfaitement interprAi??tAi??s pour permettre de retracer depuis ses dAi??buts lai??i??histoire dai??i??un des plus vieux peuples du monde, histoire qui couvre prA?s de trois mille ans dans le temps et prA?s de trois millions de km2 dans lai??i??espace. Dai??i??oA? la difficultAi?? de mettre en relief les facteurs qui ont prAi??sidAi?? Ai?? son destin prAi??-islamique, de souligner les secousses gAi??nAi??rales ou sporadiques successives ou concomitantes qui ont forgAi?? sa mentalitAi??, marquAi?? ses mAi??urs, ses institutions, ses mythes, et enfin dai??i??essayer dai??i??indiquer le degrAi?? auquel il Ai??tait parvenu dans le domaine du savoir, de la sensibilitAi?? et de lai??i??art, avant son islamisation.

Il ne saurait A?tre question, bien entendu, de retracer ici cette histoire dans toute son ampleur ; ce nai??i??est pas notre sujet. Il nous paraAi??t, nAi??anmoins utile de dAi??gager les traits gAi??ographiques du berceau de lai??i??IslA?m et de souligner les Ai??tapes de son histoire, pour mieux connaAi??tre la vie dai??i??un homme qui devait en bouleverser le destin.

a) Cadre gAi??ographique et ambiance sociologique

Lai??i??histoire de lai??i??Arabie ancienne que ses habitants appellent non sans raison Ai??Ai??1ai??i??Ile des ArabesAi??Ai?? est dominAi??e plus que celle 4e tout autre pays par sa configuration gAi??ographique. Dans le devenir de ces pseudo insulaires, les facteurs gAi??ographiques ont jouAi?? un rA?le primordial, plus dAi??terminant que les virtualitAi??s de la race ou lai??i??influence de lai??i??environnement historique. Plateau massif, inclinAi?? dai??i??Ouest en Est, lai??i??Arabie sai??i??apparente gAi??ologiquement Ai?? lai??i??Afrique, Ai?? lai??i??Inde, Ai?? lai??i??Australie avec lesquelles elle formait un continent axAi?? sur lai??i??Ai??quateur.

La rAi??gion cA?tiA?re dai??i??OmA?n est de la mA?me formation que lai??i??Iran et lai??i??Inde dont elle a Ai??tAi?? sAi??parAi??e durant lai??i??A?re secondaire (pAi??riode jurassique), et cai??i??est au cours de lai??i??A?re tertiaire quai??i??elle sai??i??est dAi??tachAi??e de lai??i??Afrique dont elle demeure sAi??parAi??e par la Mer de QulzAi??m, appelAi??e Ai?? une Ai??poque plus rAi??cente, par rAi??fAi??rence aux sources grecques, Mer Rouge.

La partie occidentale de cette immense auge dAi??passant par sa surface le quart de lai??i??Europe est formAi??e par une zone de plaines et de plateaux (TihA?ma, HijA?z), de vastes Ai??tendues de lave (Harra) que surplombe une chaAi??ne de montagnes atteignant jusquai??i??Ai?? trois mille huit cents mA?tres au Jabal Shuai??i??ayb (au sud de Sanai??i??A?ai??i??, capitale du YAi??men), prolongAi??e vers le nord par des monts dAi??nudAi??s, grisA?tres, brAi??lAi??s par le soleil, sans grA?ce (ai??i??AsAi??r, SarA?t, ai??i??Aja, ShammA?r, etc.).

Les zone cA?tiA?res du YAi??men, du Hadramawt, dai??i??OmA?n au sud, la bordure sablonneuse du Golf arabo-persique Ai?? lai??i??est, les vastes plaines fertilisAi??es par le Tigre et lai??i??Euphrate, la plaque calcaire syro-palestinienne en forme les trois autres dimensions. A lai??i??intAi??rieur des plateaux recouverts dai??i??une couche de grA?s (Najd) et dai??i??immenses Ai??tendues de sable quasi infranchissables comme ar-RubAi??ai??i??-l-KhA?lAi?? (le quart vide) est le pays par excellence des dunes vertigineuses (al-ahqA?f) dont lai??i??A?pretAi?? est Ai??voquAi??e dans le Coran. Pas de massifs centraux en Arabie pouvant modifier par lai??i??altitude les consAi??quences de la latitude. Les dAi??serts y succA?dent aux dAi??serts et lai??i??influence du climat nai??i??est contrariAi??e par aucun autre Ai??lAi??ment gAi??ographique. Les effets bienfaisants de la mer sai??i??arrA?tent aux bords immAi??diats des cA?tes. CA?tes on ne peut plus inhospitaliA?res, plates partout et partout encombrAi??es de bancs de sable, toutes en lignes droites ou en courbes Ai?? grands rayons, pauvres en baies, en caps, en Ai??les. Nulle part on ne rencontre une indentation propice Ai?? la crAi??ation dai??i??un port naturel. La mer y exerce une action diffAi??rente de son influence habituelle.

Au lieu de favoriser comme en GrA?ce, en Italie, en Grande-Bretagne, en SuA?de ou au Japon les entreprises hardies et les Ai??changes avec dai??i??autres peuples, elle empA?che au contraire de sortir du pays ou dai??i??y entrer et condamne par lAi?? mA?me lai??i??Arabie Ai?? vivre repliAi??e sur elle-mA?me derriA?re ses cA?tes rectangulaires. Cet isolement nai??i??est malheureusement pas corrigAi?? par lai??i??influence des fleuves Si favorable Ai?? la naissance des civilisations. La plupart des veines dai??i??eau qui serpentent Ai?? lai??i??intAi??rieur de lai??i??Arabie ne sont que des oueds qui ne mAi??ritent ni le nom de vallAi??e, ni le nom de riviA?re ; leur importance sur le plan de la civilisation a Ai??tAi?? en tout temps quasiment nulle.

Les quelques cours dai??i??eau dont les moins nAi??gligeables sont les WA?di SirhA?n, Rumma, DawA?sir, Sahba, Hadramawt ont leur lit sec dai??i??ordinaire et se transforment en torrents impAi??tueux emportant tout sur leur passage quand il pleut, ce qui est rare en Arabie. La vAi??gAi??tation rabougrie, terne, triste Ai?? laquelle ils donnent naissance sur de vastes Ai??tendues est insignifiante. Nulle part ces oueds ne sai??i??offrent comme voies commodes de pAi??nAi??tration ou dai??i??expansion, mA?me pour les caravanes. On ne peut mA?me pas dire quai??i??ils aient intAi??ressAi?? outre mesure les tribus dont ils traversaient les zones de nomadisme et Ai?? aucun moment de lai??i??histoire de lai??i??Arabie, ils nai??i??ont pu servir dai??i??axes autour desquels pouvaient sai??i??agglutiner des groupements humains, ou de foyers assez puissants pour susciter de grands Ai??vAi??nements.

Lai??i??histoire de lai??i??Arabie avant lai??i??IslA?m sera donc, comme sa littAi??rature et son folklore, une histoire terrienne et la civilisation des Arabes paA?ens sera conditionnAi??e non par des mouvements fluviaux ou maritimes, mais uniquement par le climat qui y a figAi?? la vie Ai??conomique du pays et dAi??terminAi?? ses fluctuations et la volontAi?? de ses habitants. Cai??i??est lai??i??histoire dai??i??un grand dAi??sert.

Lai??i??Arabe fut donc, avant lai??i??IslA?m, durant des millAi??naires, lai??i??homme des grands dAi??serts. Si la vie de lai??i??antique Arabie cA?tiA?re apparaAi??t en effet en rapports assez frAi??quents avec les empires environnants (Ethiopie, Egypte, PhAi??nicie, Sumer, Perse, Inde, GrA?ce, Rome, Byzance), il nai??i??en demeure pas moins vrai quai??i??Ai?? lai??i??intAi??rieur du pays elle dAi??pend uniquement de la mAi??tAi??orologie. Les grandes divisions de lai??i??histoire de la vieille pAi??ninsule sont marquAi??es indAi??niablement non par la marche du temps, mais par les zones climatiques et vAi??gAi??tales. Au voisinage des oueds, des puits et des quelques rares sources existantes, un certain urbanisme a pu exceptionnellement se dAi??velopper en des oasis dai??i??une fAi??conditAi?? relative Khaybar, Yathrib, ancien nom de MAi??dine, Tayma, Taif, NajrA?n, Sanai??i??A?ai??i??. Mais en dehors de ces centres de vie, les dAi??serts du nord et du centre nai??i??ont offert quai??i??une maigre subsistance aux nomades et Ai?? leurs troupeaux. Le sud de lai??i??Arabie pourtant est Ai?? mettre Ai?? part. Le YAi??men et le Hadramawt, grA?ce aux moussons et aux techniques dai??i??endiguement et dai??i??irrigation (rayy) furent des rAi??gions de cultures maraAi??chA?res, dai??i??horticulture, de cAi??rAi??aliculture et dai??i??arboriculture.

Ces oasis et ces rAi??gions irriguAi??es ont quelque peu attAi??nuAi?? Ai??Ai?? et lAi?? les rudesses climatiques, favorisAi?? la naissance et le dAi??veloppement dai??i??un sAi??dentarisme limitAi??, sans pour autant influer sur la marche de lai??i??histoire. Elles ont, nAi??anmoins, exercAi?? une certaine attirance sur les tribus nomades environnantes au point de former quelques rudiments dai??i??unitAi?? politique sans frontiA?res prAi??cises. Ces agrAi??gats de tribus dont les tentes Ai??taient dressAi??es les unes au voisinage des autres, formaient de petites agglomAi??rations mouvantes qui organisaient pour des motifs parfois futiles des raids (razzia> meurtriers contre leurs voisins pour les piller, saccager leurs domaines, sai??i??emparer de leurs troupeaux, asservir leurs femmes et leurs enfants, faisant rAi??gner sur toute lai??i??Ai??tendue de lai??i??Arabie une insAi??curitAi?? endAi??mique. Ces formations tribales Ai??taient mues non par un idAi??al politique, un sentiment national, une idAi??e morale, mais uniquement par lai??i??esprit de rapine (nahb, ghanima) et de vendetta (thA?r). Aussi leur existence, pAi??nible en elle-mA?me, Ai??tait elle marquAi??e du signe de lai??i??instabilitAi?? et de lai??i??incohAi??rence. De ce fait, lai??i??histoire des Arabes paA?ens apparaAi??t, surtout dans le centre et le nord, comme une histoire de razzias, de lutte pour les zones de pacage et dai??i??oasis.

Pour toutes ces raisons, les anciens groupements arabes, le YAi??men exceptAi??, nai??i??ont trouvAi?? ni le temps, ni lai??i??occasion de sai??i??interpAi??nAi??trer pour se sentir solidaires et forger une nation dans le sens oA? nous entendons ce mot. MalgrAi?? leur individualitAi?? ethnique ils ont, durant des millAi??naires avant lai??i??IslA?m, vAi??cu dans la dAi??fiance sur une terre ingrate, campAi??s plutA?t quai??i??installAi??s, considAi??rant comme ennemi quiconque nai??i??Ai??tait pas de leur clan ou solidaire de leurs intAi??rA?ts.

Mais Ai?? cA?tAi?? des facteurs gAi??ographiques, les facteurs ethnographiques et sociologiques sont Ai??galement Ai?? prendre en considAi??ration. Les habitants de lai??i??Arabie appartiennent Ai?? un groupe humain ethniquement bien connu : la race SAi??mitAi??que caractAi??risAi??e par sa brachicAi??phalie, un visage droit, un nez aquilin et une taille moyenne et svelte. Cai??i??est une variAi??tAi?? de type humain qui fut assez rAi??pandue Ai?? lai??i??aube de lai??i??histoire dans le YAi??men et qui a dAi?? sous la pression dai??i??un cyclone dAi??sastreux ou dai??i??une sAi??cheresse particuliA?rement persistante Ai??migrer, Ai?? diverses Ai??poques, vers le nord pour former des communautAi??s qui ont fait parler dai??i??elles : Babyloniens en MAi??sopotamie, CananAi??ens, AmalAi??cites, AramAi??ens, HAi??breux, en Syrie et en PhAi??nicie.

Tout au long de leur histoire ces groupements sAi??mitiques ont formAi?? des agrAi??gats de tribus de fondement agnatique et de rAi??gime dai??i??abord matriarcal, puis patriarcal. Chaque tribu fondait sa cohAi??sion non sur un totem, mais sur le sang. Le sentiment de solidaritAi?? ou esprit tribal (ai??i??as abiyya) selon le terme mA?me du gAi??nial historien Ibn KhaldAi??n supposait chez eux lai??i??appartenance Ai?? un mA?me ancA?tre Ai??ponyme. Cai??i??est lAi?? une donnAi??e sociologique sans laquelle lai??i??histoire de lai??i??Arabie ancienne n apparaAi??trait que comme une suite de faits incomprAi??hensibles et de moments contradictoires. Durant des millAi??naires, cette ai??i??as abiyya fut pour les Arabes paA?ens la base dai??i??une morphologie sociale dans laquelle la tribu offrait lai??i??image dai??i??un Ai??tat originel. Au nord comme au centre et au sud de lai??i??Arabie, et tout au long de leur histoire, les groupements arabes ont Ai??tAi?? profondAi??ment marquAi??s par cette conception. Leur organisation, leurs coutumes, leurs mAi??urs, leurs tribulations en ont partiellement dAi??pendu. Les uns se sont fixAi??s au voisinage de points dai??i??eau, dans un milieu relativement favorable et ont crAi??Ai?? parfois des villages ou mA?me des citAi??s. Les autres, plus inquiets ou moins ingAi??nieux ont continuAi?? leur existence nomade.

A la veille de lai??i??IslA?m, la sociAi??tAi?? arabe paA?enne apparaAi??t comme une mosaA?que de tribus fortement organisAi??es, alliAi??es ou ennemies, sAi??parAi??es non par la race, la langue ou la religion, mais par le mode de vie, des vieilles querelles et lai??i??hAi??tAi??rogAi??nAi??itAi?? des traditions. Chaque tribu comprenait tous ceux qui se prAi??tendaient descendre dai??i??un ancA?tre commun. Sa force Ai??tait fondAi??e sur la densitAi?? des hommes valides, aptes au combat. Elle pouvait Ai??galement sai??i??agrandir dai??i??Ai??lAi??ments Ai??trangers venus individuellement ou par petits groupes sai??i??intAi??grer Ai?? elle, quai??i??elle tolAi??rait dai??i??abord comme simple bAi??nAi??ficiaires du droit de voisinage et quai??i??elle incorporait ensuite aprA?s quelques gAi??nAi??rations, avec tous les droits reconnus Ai?? la parentAi?? Sanguine.

La tribu, dont les membres avaient les mA?mes droits et les mA?mes obligations, tolAi??rait Ai?? sa tA?te un sayyid (chef) qui symbolisait lai??i??embryon dai??i??une autoritAi?? essentiellement morale et librement reconnue par les notables de la tribu. La siyyada nai??i??Ai??tait pas hAi??rAi??ditaire, en principe, mais pratiquement elle Ai??tait transmissible de pA?re en fils. Un sayyid ne pouvait A?tre reconnu comme tel que sai??i??il sai??i??imposait aux membres de sa tribu par sa lignAi??e gAi??nAi??alogique (nasab), ses qualitAi??s morales (makA?rim) et sa position sociale (hasab). Lai??i??autoritAi?? qui lui Ai??tait reconnue ne lui confAi??rait ni privilA?ge, ni droit spAi??cial. Cependant, dans les dAi??libAi??rations importantes, son avis Ai??tait prAi??pondAi??rant. Il avait la charge de maintenir la bonne entente au sein de sa tribu, de veiller par le jeu des alliances (hilf) sur sa sAi??curitAi??, de rAi??gler les litiges entre ses contribules, de faire respecter au profit des siens leurs zones de pacage et de dAi??placement, de prAi??venir toute attaque ennemie et dai??i??organiser en cas de besoin des raids de vengeance ou de pillage. Son dAi??vouement Ai?? la cause de la tribu devait sai??i??affirmer en toute circonstance. Les Arabes paA?ens voyaient dans leur sayyid, beaucoup plus un commis quai??i??un chef vAi??ritable et disaient expressAi??ment : Sayyidu-l-qawmi khadAi??muhunAi?? (le chef du peuple est son valet).

Un autre personnage qui joue pour la tribu un rA?le important est le poA?te (shA?ai??i??ir), rA?le sur lequel nous reviendrons plus loin. Dans la vieille Arabie, la vAi??ritable cellule sociale est non pas la famille, mais la tribu ou le clan. La famille en est une simple Ai??manation, une organisation secondaire. Le pater familias exerce sur les membres de sa famille une autoritAi?? absolue, sur ses enfants, sur ses femmes ai??i?? on cite le cas de certains chefs de famille qui avaient plus de dix Ai??pouses -ai??i?? sur ses esclaves. Il avait sur eux un droit de vie et de mort que nul ne pouvait contester. Dans certaines tribus un pA?re pouvait enterrer ou faire enterrer sa fille en bas A?ge, pour prAi??venir tout dAi??shonneur, ou supprimer une bouche inutile en cas de disette 2 Et par disette, il faut entendre avant tout une aggravation dai??i??une sous-alimentation aussi chronique que gAi??nAi??rale. Lai??i??Arabe en effet, vivait de peu. Sa nourriture Ai??tait Ai?? base de lait, de viande fraAi??che ou dAi??shydratAi??e et conservAi??e, de dattes, dai??i??herbes comestibles.

Les mariages exogamiques Ai??taient exceptionnels ; cai??i??est parmi les filles de sa tribu quai??i??un homme doit choisir, moyennant une dot (mahr) une ou plusieurs femmes, et un dicton enseigne : Ai??Ai?? Ai??pouse ta cousine mA?me Si elle est laide, et cultive ton champ mA?me sai??i??il est stAi??rile Ai??Ai??. Selon plusieurs tAi??moignages dont celui de Strabon, plusieurs formes de mariages Ai??taient pratiquAi??es dans lai??i??antique Arabie : polygamie, polyandrie, mariages temporaires. Dans certaines tribus, il Ai??tait loisible Ai?? un homme qui partait en voyage de Ai??Ai??louer Ai??Ai?? sa femme durant son absence, Ai?? un ami ou Ai?? un parent Ai??loignAi??, comme il Ai??tait admis quai??i??un mari pAi??t confier quelque temps Ai?? un homme rAi??putAi?? pour ses qualitAi??s physiques et morales, sa femme, dans lai??i??espoir dai??i??avoir un enfant de lui. Les Ai??changes dai??i??Ai??pouses pour un temps limitAi?? entre amis et connaissances Ai??taient Ai??galement tolAi??rAi??es. Le divorce consistait en une simple rAi??pudiation dont la femme pouvait aussi bien user que lai??i??homme. Lorsquai??i??une femme voulait rAi??pudier son mari, il lui suffisait de montrer publiquement sa nuditAi?? en sa prAi??sence ou de profiter de son absence pour changer lai??i??orientation de sa tente et lai??i??Ai??poux ne pouvait plus, alors, y entrer sans tomber dans le dAi??shonneur. Lorsquai??i??un homme voulait rAi??pudier irrAi??vocablement sa femme, il prononAi??ait la formule : Ai??Ai?? Tu es aussi illicite pour moi que le dos de ma mA?re Ai??

La contrainte paternelle (jabr) dans les unions conjugales nai??i??Ai??tait pas une rA?gle absolue. Il Ai??tait permis aux femmes de choisir elles-mA?mes leur Ai??poux et de sai??i??en dAi??barrasser en cas de conflit ou de dAi??goAi??t. On cite le cas dai??i??une certaine Salma bint ai??i??Amr qui se maria une vingtaine de fois, choisissant elle-mA?me son conjoint et le rAi??pudiant quand il lui dAi??plaisait. Elles Ai??taient libres dai??i??aimer qui elles voulaient, de faire commerce de leur chair en signalant Ai?? lai??i??attention des amateurs ou des passants, leurs tentes ou leurs boutiques par des drapeaux SpAi??ciaux (rayA?t).

Les femmes nai??i??avaient aucune vocation successorale 4. En cas de dAi??cA?s du pater familias, elles Ai??taient considAi??rAi??es non pas comme des hAi??ritiA?res, mais Ai??taient hAi??ritAi??es elles-mA?mes au mA?me titre que tout ce qui constituait le patrimoine du dAi??funt. La coutume faisait du fils aAi??nAi?? de celui-ci lai??i??hAi??ritier des Ai??pouses de son pA?re et Ai?? dAi??faut les frA?res du dAi??funt.

De telles coutumes nai??i??Ai??taient cependant pas gAi??nAi??rales et dans beaucoup de tribus les femmes jouaient un rA?le Ai??ducatif social et parfois politique non nAi??gligeable. La femme est pour un mari le symbole mA?me de son honneur. Le terme hurma sous lequel une Ai??pouse est dAi??signAi??e signifie Ai??tymologiquement honorabilitAi??, sacrAi??e. Elles participaient aux grandes batailles pour stimuler lai??i??Ai??nergie des guerriers, contrA?ler leur courage, donner Ai?? boire aux combattants, soigner les blessAi??s, enterrer les morts. On cite Ai?? cet Ai??gard parmi les plus cAi??lA?bres dispensatrices de vaillance ai??i??Umm ai??i??Imara bint Kaai??i??b, ai??i??Umm HakAi??m bint-l-Harith et la poAi??tesse al-KhansA? qui accompagnait ses fils pour soutenir leur ardeur au combat, lequel chez les Arabes comprenait trois phases : les joutes poAi??tiques suivies de duels, avant la mA?lAi??e gAi??nAi??rale. Elles participaient Ai??galement Ai?? dai??i??autres activitAi??s intellectuelles ou artistiques. On cite parmi les femmes mAi??decins, Zaynab-t-TabAi??ba, parmi les femmes Ai??loquentes la voyante ZarqA? bint-l-Khass et Jumai??i??a bint Habis.

On peut affirmer, sans risque dai??i??A?tre contredit, que chez aucun peuple les femmes nai??i??eurent autant dai??i??influence que chez les Arabes, sur la poAi??sie et nous aurons Ai?? revenir sur cet aspect de leur civilisation dans ce qui va suivre.

Les Arabes paA?ens avaient un idAi??al de la beautAi?? fAi??minine : la femme parfaite ne devait A?tre ni grosse, ni maigre. Elle devait avoir une chevelure longue et abondante, une taille moyenne et des dents aussi belles que des perles. Leur prAi??fAi??rence nai??i??allait ni aux blondes, ni aux brunes, mais Ai?? celles de teint ivoire, dont les grands yeux noirs 5 Ai??Ai?? produisaient sur lai??i??esprit le mA?me effet que le vinAi??Ai??, (ai??i??Imru-l-Qays) et dont le cou et lai??i??allure rappellent la gazelle blanche des grandes dunes (rAi??m).

Lai??i??individu au sein de la famille et la famille au sein de la tribu Ai??taient absorbAi??s par la collectivitAi?? qui primait tout et demeurait fidA?le Ai?? elle-mA?me et Ai?? ses traditions Ai?? travers les siA?cles et les espaces de parcours. De ce fait lai??i??Arabe paA?en ne parvenait guA?re Ai?? la notion dai??i??individu distinct du groupe : lai??i??instinct inventif, la spontanAi??itAi?? crAi??atrice, lai??i??Ai??lan initiateur Si caractAi??ristiques chez les espA?ces humaines, Ai??taient Ai??touffAi??s brisAi??s chez lai??i??Arabe paA?en par la pesAi??e de la tribu. Son histoire est donc celle dai??i??un homme figAi?? sociologiquement parlant, sauf lorsque les circonstances lui imposaient des changements relatifs au sein de son clan essentiellement xAi??nophobe, rAi??fractaire aux influences extAi??rieures, aux innovations (qui, le cas Ai??chAi??ant, exaltaient ses instincts primitifs). Aussi, lai??i??individu Ai??tait-il Ai??touffAi?? au sein du groupe, incapable de se mAi??tamorphoser par une Ai??volution intAi??rieure ou le perfectionnement de ses techniques agricoles, pastorales ou artisanales.

SubordonnAi?? passivement et durant des millAi??naires aux impAi??ratifs complexes de son groupe, lai??i??Arabe paA?en Ai??tait en raison mA?me dai??i??une longue socialisation de sa pensAi??e, enserrAi?? en des coutumes et des mAi??urs immuables qui institutionnalisaient en quelque sorte son psychisme et dictaient ses faits et gestes.

Lai??i??une des coutumes les plus anciennes qui sai??i??observaient chez les Arabes, Ai??tait la vendetta ou poursuite du droit privAi?? qui par le jeu des coutumes devenait un droit tribal. La tribu Ai??tait tenue de protAi??ger chacun de ses membres dans sa personne, ses biens (kasb) et son honneur (ai??i??ird). La victime dai??i??un meurtre devait A?tre vengAi??e par sa tribu sous peine pour celle-ci dai??i??A?tre Ai?? jamais dAi??considAi??rAi??e, mAi??prisAi??e et de crAi??er un prAi??cAi??dent dangereux pour son existence mA?me. Elle Ai??tait solidairement responsable de tout meurtre commis par lai??i??un de ses membres et chacun de ces derniers devait rAi??pondre dai??i??un meurtre commis par lui-mA?me ou par lai??i??un de ses contribules. Les mobiles du meurtre y compris la lAi??gitime dAi??fense et lai??i??identitAi?? du meurtrier importaient peu. La loi de la vengeance ne limitait pas la sanction Ai?? lai??i??unique agresseur, mais lai??i??Ai??tendait Ai?? toute la tribu et transformait ainsi le meurtre en une affaire dai??i??honneur Ai?? rAi??gler entre collectivitAi??s, soit par la livraison et la mise Ai?? mort du coupable, soit par un dAi??dommagement matAi??riel ou rachat du sang (diya) attribuable aux ayants droit, supportAi?? par le meurtrier lui-mA?me ou, en cas de carence, par sa tribu, soit enfin par une guerre dai??i??extermination.

Les conflits moins graves entre individus ou tribus Ai??taient soumis Ai?? lai??i??arbitrage dai??i??une homme auquel la commune renommAi??e reconnaissait une impartialitAi?? fondAi??e sur une grande expAi??rience, une sagacitAi?? Ai??prouvAi??e et une maAi??trise dans lai??i??art divinatoire. Cet arbitre (hakam) qui Ai??tait Ai??galement un devin (kA?hin) Ai??tait choisi dai??i??un commun accord par les parties qui se rendaient chez lui, pour lui exposer leur litige. Lorsque le hakam, aprA?s Ai??tude de lai??i??affaire et rAi??flexion, prononAi??ait sa sentence, il considAi??rait son rA?le terminAi?? et ne se souciait nullement de son application, car il Ai??tait considAi??rAi?? comme jurisconsulte, non comme juge.

Une autre coutume fort en honneur chez les Arabes Ai??tait le droit du voisin et de lai??i??hA?te de passage. Lai??i??honneur imposait Ai?? tout homme dai??i??assister son voisin, de le convier au repas quai??i??il offrait, de lai??i??associer Ai?? ses joies et Ai?? ses peines, de ne rien entreprendre contre lui de ne le trahir en rien, de considAi??rer ses filles et son Ai??pouse comme sacrAi??es. Pour la mA?me raison, lai??i??hA?te Ai??tait sacrAi?? et avait droit Ai?? une hospitalitAi?? durant au moins trois jours ; un dicton prescrit Ai?? cet Ai??gard : Ai??Ai?? Ai?? lai??i??hA?te on doit servir ce quai??i??il y a de meilleur dans la tente, veiller avec lui jusquai??i??Ai?? ce quai??i??il ait sommeil et lorsquai??i??il sai??i??en va on doit lai??i??accompagner jusquai??i??Ai?? ce quai??i??il se sente en sAi??curitAi?? Ai??

Dai??i??autres coutumes quai??i??il serait long dai??i??exposer dans ces pages limitAi??es dAi??notent chez les Arabes paA?ens un idAi??al moral impliquant Ai?? cA?tAi?? de certaines mAi??urs sauvages particuliA?res Ai?? quelques tribus, comme lai??i??enterrement des fillettes vivantes, des qualitAi??s exceptionnelles : vaillance et loyautAi?? dans les combats, fidAi??litAi?? Ai?? la parole donnAi??e, protection des faibles, respect de la vieillesse, mAi??pris de la mort, une franchise qui ne sai??i??embarrassait pas de grossiA?retAi??, un engouement marquAi?? pour la poAi??sie, un profond sentiment de lai??i??Ai??galitAi??, une grande sensibilitAi?? et le culte de la beautAi?? fAi??minine. Les plus hautes vertus de la race Ai??taient Ai?? leurs yeux lai??i??Ai??loquence (fasA?ha), la gAi??nAi??rositAi?? (karam) et la bravoure symbolisAi??e par le sabre (sayf).

Pour toutes ces raisons, lai??i??histoire des Arabes paA?ens, avant leur islamisation, sera lai??i??histoire non pas dai??i??un peuple, mais lai??i??histoire de groupements tribaux caractAi??risAi??s par une morphologie sociale figAi??e, une anarchie chronique, dai??i??immuables coutumes millAi??naires et un idAi??al moral Ai??levAi??.
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b) Complexe religieux

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La grande masse des Arabes, avant lai??i??IslA?m, Ai??tait idolA?tre. Ils adoraient des divinitAi??s dai??i??importation babylonienne ou grecque et des divinitAi??s locales : AllA?t, ai??i??Uzza, Hubal, Quzah. Les unes Ai??taient adorAi??es par tous les clans, les autres avaient un caractA?re strictement tribal. Un proverbe souvent citAi?? recommande :

Ai??Ai??Quand tu entres dans un village, jure par son dieuAi??Ai??

Il y avait au temple de la Kaai??i??ba Ai?? La Mekke plus de trois cents idoles que le ProphA?te fit briser le jour mA?me de la conquA?te de cette citAi?? en disant :

Ai??Ai??Voici la vAi??ritAi?? (IslA?m) ! PAi??risse lai??i??erreur (idolA?trie) !Ai??Ai??Ai??

A lai??i??instar des Grecs qui reconnaissaient une primautAi?? Ai?? Zeus, les Arabes paA?ens plaAi??aient au-dessus de leurs divinitAi??s un dieu supAi??rieur, Allah. Mais ils ne croyaient pas Ai?? la vie future. Ai??Ai??La nature, disaient-ils, fait vivre et le temps fait pAi??rirAi??Ai??. Ils accablaient de mAi??pris et de persiflage tous ceux qui parlaient de rAi??surrection quai??i??ils qualifiaient de radoteurs rapportant des fables naA?ves (ai??i??asA?tir-l-ai??i??awwalin), fables des primitifs). Leur religion nai??i??impliquait aucune liturgie particuliA?re et avait avant tout en caractA?re astral ou magique. Elle se ramenait Ai?? un ensemble de rites et de pratiques : pA?lerinages, processions, pyrAi??es, rogations, culte des bAi??tyles, de certains arbres, de certains animaux, de certaines pierres et de certains astres comme la lune, Cyrius, Canope, la Grande Ours. Le bAi??tail offert en oblation Ai?? ces divinitAi??s Ai??tait sacrifiAi?? et de son sang on aspergeait lai??i??idole en lai??i??honneur de laquelle il Ai??tait offert.

Les religions rAi??vAi??lAi??es Ai??taient, plusieurs siA?cles avant lai??i??IslA?m, assez rAi??pandues dans les zones pAi??riphAi??riques de lai??i??Arabie et Ai??galement dans certaines tribus et quelques citAi??s de lai??i??intAi??rieur. Dans le YAi??men, pays de grand commerce, le JudaA?sme Ai??tait, au dAi??but du VIe siA?cle aprA?s JAi??sus-Christ, la religion dominante. Lai??i??un de ses rois, ZAi?? NuwA?s, qui sai??i??y Ai??tait converti, persAi??cutait les non-Juifs. Selon des tAi??moignages concordants, notamment celui du Coran, il livra au bAi??cher la totalitAi?? des habitants de NajrA?n qui Ai??taient chrAi??tiens. Dans le HijA?z, lai??i??opulente oasis de Khaybar Ai??tait entiA?rement juive. A Yathrib (ancien nom de MAi??dine) les Juifs dAi??tenaient le monopole de la bijouterie, de lai??i??armurerie, de la poterie, de la ferronnerie, de la dinanderie et vivaient en clans homogA?nes, dans des quartiers fortifiAi??s.

Le Christianisme Ai??tait pratiquAi?? surtout dans les deux Ai??tats tampons du nord, celui des Ghassanides vassaux de Byzance et celui des Lakhmides vassaux de la Perse. Sa pAi??nAi??tration au sud, dans le YAi??men, fut facilitAi??e par le puissant appui de lai??i??Abyssinie. Un gAi??nAi??ral Ai??thiopien, Abraha, devenu aprA?s la conquA?te de ce pays, vice-roi7 Ai??difia partout des Ai??glises et une grande cathAi??drale, la cAi??lA?bre Qulaysa, Ai?? Sanaai??i??A?ai??i?? dont il avait fait sa capitale. Il voulut, en dAi??truisant le temple de la Kaai??i??ba, amener peu Ai?? peu les Arabes au Christianisme et faire de Sanai??i??A?ai??i?? un centre de pA?lerinage annuel Ai?? la place de la Mekke. Mais il Ai??choua aux approches immAi??diates de la vieille citAi?? et le HijA?z resta jusquai??i??Ai?? lai??i??avA?nement de lai??i??IslA?m la patrie de lai??i??idolA?trie arabe avec la Kaai??i??ba, indAi??niable panthAi??on religieux national vers lequel les tribus quai??i??elles fussent du nord, du centre ou du sud affluaient au mois de zu-l-hijja, chaque annAi??e, avec leurs oblations pour lai??i??accomplissement dai??i??un pA?lerinage aux rites compliquAi??s et aux processions pittoresques, dai??i??hommes et de femmes complA?tement nus.